EXAMEN DIRECT
L'examen direct est obligatoire et indispensable car il permet de visualiser le champignon dans une lésion que la culture permettra de confirmer. Si la culture est négative, cela peut être dû à un traitement ultérieur antifongique. Cet examen direct permet également d'évaluer l'abondance du champignon.

L'examen direct ne doit être préparé qu'une fois l'ensemencement fait car le liquide de montage peut avoir un effet létal sur le champignon. Toutes les règles de sécurité et de manipulations utilisées en bactériologie sont applicables.

Méthodologie

Les prélèvements superficiels

Si les prélèvements sont épais, il faut les dissocier avec le fil triangulaire stérile (ou bien avec un vaccinostyle), chauffer très doucement sur la veilleuse du bec Bunsen afin de dissoudre la kératine sans faire bouillir. Les préparations ne se conservent pas dans la potasse, et plus longtemps dans le lactophénol. Il faut donc observer rapidement les préparations.

Liquides pathologiques

Il suffit de monter directement une goutte de produit pathologique entre lame et lamelle.Pour le LCR, on examine le culot de centrifugation dans une goutte d'encre de Chine diluée (au 1/3) pour la recherche des levures capsulées Cryptococcus néoformans.

Prélèvements profonds ou muqueuses

  • Biopsies : un état frais entre lame et lamelle dans du bleu coton après écrasement entre deux lames
  • Prélèvements vaginaux : un état frais dans une goutte d'eau stérile si des trichomonas sont associés à des levures
    • Il est possible de faire également des frottis ou des appositions d'organes et de colorer par différentes colorations Gram (tous les mycètes sont Gram positif), Giemsa, Ziehl, PAS.
    • Il est idispensable de noter toutes les caractéristiques morpthologiques des mycètes (voir identification)

L'examen anatomo-pathologique

Les examens sont réalisés sur des prélèvements biopsiques mis dans le fixateur (voir histologie)

Les colorations

  • de routine : hémalun éosine safran. Cette coloration permet de préciser les réactions tissulaires dues au mycète sans toutefois pouvoir l'identifier.
  • spécifiques : PAS (acide periodique schiff) colore en rouge les élements fongiques cependant que la coloration de Gomori-Grocott colore en noir intense la paroi par imprégnation argentique

Les observations

L'image typique histologique est celle du granulome mycosique caractérisé par la juxtaposition de dedans en dehors :

  • d'une zone centrale purulente
  • d'une réaction histiocytaire avec ou sans cellules géantes
  • d'une réaction granulomateuse polymorphe, avec des néo-vaisseaux, parfois un aspect de follicule tuberculoïde
  • de fibrose périphérique avec sclérose

Les éléments parasitaires sont présents au niveau des deux zones centrales (à polynucléaires et histiocytes et peuvent se présenter sous différents aspects :

  • grains : les filaments sont enchevêtrés et de taille variable et forment des masses compactes
  • filaments isolés : à décrire, diamètre de la paroi, présence de cloisons...
  • levures : à observer la situation intra ou extra-cellulaire, la taille , la forme, et le bourgeonnement