GENERALITES

Définition

La mycologie médicale est une science qui s'occupe des maladies humaines et animales causées par des champignons. on distingue

  • les mycoses ou maladies parasitaires causées par des champignons, leur symptomatologie est très variée.
  • les allergies fongiques cutanées et respiratoires
  • les mycotoxicoses causées par l'ingestion de divers aliments envahis par des champignons.

QU'EST - CE QU'UN CHAMPIGNON ?

Les champignons ou mycètes, sont des végétaux eucaryotes thallophytes, non chlorophylliens.

Les thallophytes : comprennent les embranchements des bactéries, des lichens, des champignons et des algues et dont l'appareil végétatif est constitué par un thalle.

Le thalle est l'appareil végétatif des végétaux inférieurs où l'on ne peut distinguer ni racine, ni tige, ni feuilles.Dans la plupart des cas, ce thalle est constitué par des filaments mycéliens, ramifiés, tenus. Ces filaments sont cloisonnés ou non. Les filaments cloisonnés le sont en articles mono ou plurinucléés et prennent le nom d'hyphes. on dit que ces filamanets sont septés (septomycètes). les cloisons sont incomplètes. Elles permettent les échanges cytoplasmiques d'une cellule à l'autre. Dans tous les cas, la croissance des filaments se fait par leur extrémité distale.

Parfois, le thalle est constitué par des globules unicellulaires comme c'est le cas pour les levures.

Quelques champignons ont une morphologie différente à l'état parasitaire et à l'état saprophytique. Ils sont dits dimorphiques.

    • A 25°, in vitro ils ont une forme filamenteuse
    • A 37 °, in vivo et en culture en milieux enrichis, ils ont une forme levure; c'est le cas d'un certain nombre de champignons des mycoses profondes (Histoplasma, Coccidioöides)

Ces végétaux non chlorophylliens, donc incapables de photosynthèse doivent trouver leur carbone dans les composés organiques. Ils sont donc obligatoirement :

    • soit saprophytes : vivant sur des organises morts
    • soit symbiotiques : se développant en association avec d'autres organismes avec tolérance ou bénéfice pour les deux partenaires
    • soit parasites en déterminant chez l'hôte une maladie ou MYCOSE.

La reproduction

La reproduction s'effectue selon deux modes :

  • asexuée : végétative. elle est de loin la plus importante, elle est parfois le seul mode connu. Elle est assurée par la production de spores ou conidies. Ces spores sont formées soit à l'intérieur d'articles vésiculeux - et ne sont libérés que par rupture de la paroi- soit sur des filaments sporigènes ou conidiophores. Il existe différents types de spores
    • blastospore : spore née par bourgeonnemnt d'u filament ou d'une pore précédemment formée, pouvant rester en chaînette - levures et pseudomycélium des levures.
    • phialospore sore née par bourgeonnement cytoplasmqiue d'une cellule fertile portée par le conidiophore, la phialide et restant accrochée en chaînette à la sore secondairement formée - Aspergillus.
    • aleuriospore : spore apicale à base d'insertion très large, formée par un simple renflement de l'extrémité du conidiophore -Dermatophytes-
    • arthrospore : spore formée par différenciation puis segmentation du filament initial - Géotrichum
    • chlamydospore : spore à paroi très épaisse, intercalaire ou terminale qui est une forme de résistance capable de redonner par bourgeonnement un thalle identique;
  • sexuée : elle est caractérisée chez les zygomycètes par l'union de deux filaments différents en organes reproducteur avec production d'une zycospore.
    • chez les ascomycètes, la copulation des deux gamètes entraîne la formation d'un zygote à dicaryon engendrant des asques ou sac contenant des ascospores (8 en règle générale)
    • chez les basidiomycètes : il y a formation de basides bourgeonnant chacune 4 basidiospores.

Physiologie

Il faut rappeler que les champignons sont des végétaux non chlorophylliens,incapables de photosynthèse qui vient obligatoirement en saprophyte ou en parasite. Tous assimilent le GLUCOSE, sont AEROBIES et ont besoin d'EAU

Rôle Pathogène

Les champignons déterminent les mycoses ou maladies parasitaires dues à leur développement dans les tissus de l'organisme. Les champignons sont largement répandus dans la nature et seulement quelques espèces sont pathogènes pour l'homme.

POURQUOI UN CHAMPIGNON DEVIENT-IL PATHOGENE POUR L'HOMME ?

Première condition évidente son introduction dans l'organisme humain.

  • ceci est naturellement réalisé dans le cas des champignons saprophytes : candida, géotrichum...
  • les champignons présents dans le milieu extérieur sont introduits dans l'organisme de façon accidentelle
    • soit par voie transcutanée : piqûres d'épines, échardes, contact avec un sujet parasité humain ou animal,contact indirect avec des spores (rôle de la marche nu-pieds, piscines...)
    • soit par voie aérienne : Histoplasma, Aspergillus
    • soit par voie digestive

Mais le nombre des agents des mycoses est faible par rapport aux multiples espèces fongiques que l'on inhale, ingère ou introduit par accident dans les téguments. Il existe donc des facteurs de sélection de telle ou telle espèce pathogène. Ces facteurs sont de deux ordres

Facteurs dépendant de l'organisme receveur

  • âge : résistance naturelle à certaines mycoses dues à certaines espèces, races, personnes, tissus. Exemple : les teignes sont plus fréquentes chez les enfants de 5 à 10 ans que de 11 à 15. Cela serait dû au développement des glandes sébacées qui est tel qu'à la puberté la teneur en acides gras non saturés est multiplié par 2, 3 ou 4 et seraient de très ons fongistatiques.
  • sexe : les femmes résistent mieux que les hommes (sauf our les candidoses)
  • race : les sujets de race noire sont plus sensibles à la coccidioïdomycose que ceux de race blanche et inversement pour la blastomycose.
  • tissu : les dermatophytes n'attaquent jamais les poils pubiens ou axillaires.

Par ailleurs, l'organisme est capable de réagir contre l'implatation de ce parasite par la formation d'anticorps protecteurs circulants ou par le développement de réactions immunitaires à médiation cellulaire utilisées dans le diagnostic immunologique des mycoses.

Le dévelopement d'une mycose est donc très souvent sous la dépendance de modifications du terrain

  • modifications locales : influence de l'humidité, de la température, du milieu environnant
  • terrain taré : diabète, troubles trophiques circulatoires
  • déséquilibre hormonal : grossesse, ménopause
  • déséquilibre de la flore bactérienne, par toute antibiothéaie prolongée
  • affaiblissement des défenses de l'organisme spontanées ou provoquées (corticothérapies, hémopathies..)

Facteurs dépendant de l'agent pathogène

  • possibilité qu'a celui-ci de se satisfaire des conditions physico-chimiques de l'hôte. Un champignon n'entraînera une mycose profonde que s'il peut se développer à une température de 37°
  • possibilité de prendre une forme levure correspondant à un métabolisme accéléré, plus favorable aux nouvelles conditions du milieu.
  • particularité des métabolisme libérant chez l'homme des substances inhibitrices des réactions immunitaires ( la capsule de Cryptococcus néoformans), pauvreté en antigènes ou communauté antigénique avec l'hôte limitant également ces réactions.